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Placez-vous cette rentrée 2006 sous le signe de l'optimisme, façon Thierry Breton, ou êtes-vous au contraire dans le camp des plus pessimistes?
Jean-Claude Mailly. Je ne partage en aucun cas l'optimisme de Thierry Breton basé sur la méthode Coué. Le ministre de l'Economie se contente de répéter en boucle que tout va bien : la croissance, l'emploi, le pouvoir d'achat... Ce n'est, hélas, pas du tout ce que vivent les salariés. Ils constatent au contraire une perte du pouvoir d'achat depuis des années, dans le privé comme dans le public.
Ah bon ?
JC.M: L'INSEE nous apprend que le pouvoir d'achat a progressé de 0,9 % ces douze derniers mois... Ce chiffre ne représente qu'une moyenne qui, hélas, ne reflète pas la réalité du plus grand nombre de salariés, ceux qui ne bénéficient pas directement des bénéfices records des grandes entreprises et des incroyables largesses attribuées à leur PDG. Il suffit de prendre en compte la flambée des
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prix du pétrole, du logement, de la nourriture, le poids toujours plus important de la téléphonie... pour comprendre la réelle dégradation du pouvoir d'achat de la plupart des ménages. Les enquêtes estivales effectuées par votre journal auprès des vacanciers ont d'ailleurs parfaitement reflété le phénomène d'envolée des prix. Voilà pourquoi le pouvoir d'achat est pour nous LA revendication prioritaire de cette rentrée.
On a l'impression d'entendre toujours la même rengaine à chaque rentrée. Mais, concrètement, que va faire votre syndicat?
JC.M : On a déjà obtenu la revitalisation des négociations de branches sur les bas salaires. Et, croyez-moi, on ne va pas attendre un an l'arme au pied pour faire en sorte que celles qui ne respectent la loi sur le salaire minimum rentrent dans le droit chemin. Parallèlement, nous allons pousser très fort à la négociation dans les entreprises et dans la fonction publique. Je rappelle que les
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fonctionnaires n'ont eu que 0,5 % d'augmentation cette année, c'est donc une perte nette pour eux. Au moment où les carburants sont au plus haut, nous allons remettre vigoureusement sur la table la promesse du Premier ministre de création d'une prime ou d'un chèque transport.
Celle annoncée l'an dernier par Dominique de Villepin?
JC.M: Exactement. Un an après son annonce officielle par le Premier ministre, le gouvernement se contente de nous répondre que le dossier est à l'étude. C'est tout simplement scandaleux, car tous les salariés qui vont travailler en voiture sont directement pénalisés. FO a proposé que ce chèque transport prenne la forme d'un chèque restaurant avec obligation de négocier pour que les salariés des PME en bénéficient. Nous sommes fermement décidés à remettre la pression sur ce dossier, c'est une question de justice.
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