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Témoignages de soutien Courrier de Joël Feray, directeur de la SEGPA en 2005/2006 : « Devant une classe de 4ème très difficile à gérer, Mlle Bréart a su faire preuve d’autorité, de fermeté et d’intelligence. Le calme a été ramené et les enfants ont été remis au travail. Le niveau scolaire a très nettement remonté, notamment en mathématiques. J’ai reçu et échangé avec M. Penhouët, conseiller pédagogique, au cours d’une de ses visites. Nous avons convenu ensemble que Mlle Bréart, enseignante débutante sans formation, avait correctement rempli sa mission dans un contexte très difficile. […] Dans la communication avec les familles, j’ai trouvé que Mlle Bréart utilisait un registre de discours favorisant la confiance et le respect. […] Je conclurai en disant que Mlle Bréart est une des meilleures enseignantes que j’ai rencontrée au cours de ma carrière de directeur et je suis persuadé que sa situation mérite dans l’intérêt, dans l’intérêt de l’Education nationale, d’être réexaminée avec bienveillance. » Courrier des 3 PE et des 3 PLP de la SEGPA : « A son arrivée, Melle Bréart a trouvé des classes ayant perdu tout repère dans les matières qu’elle enseignait […] Elle a su intéresser les élèves, les valoriser, leur redonner le goût de l’étude et les aider à se projeter dans leur avenir professionnel. Elle a largement contribué à la réussite de la plupart des 3ème au CFG. […] Melle Bréart n’a ménagé, ni son temps, ni sa peine, et a montré une capacité certaine à enseigner dans le domaine de l’ASH, prenant en compte la globalité des apprentissages, pratiquant une pédagogie adaptée aux différentes situations et groupes dont elle avait la charge. Jeune collègue, Melle Bréart s’est intégrée avec une aisance surprenante à l’équipe pédagogique […] Elle a aussi largement contribué à l’unité de l’équipe pédagogique […] Elle a également largement contribué à l’image très positive de la SEGPA au sein du collège, vis-à-vis de notre hiérarchie et auprès des parents. Monsieur le Recteur, nous voulons par la présente vous dire que nous ne comprenons pas comment une collègue ayant fait preuve d’une telle capacité à travailler efficacement et avec un grand sens de la pédagogie différenciée auprès des jeunes en difficulté, à relever dans de brefs délais une situation qui semblait compromise, à s’intégrer dans l’équipe de telle sorte que nous ne l’avions jamais considérée comme une « débutante », nous ne comprenons pas que cette collègue soit tout simplement licenciée à l’issue de son année de formation à l’IUFM. Aussi nous vous demandons de reconsidérer les faits qui ont amené une décision qui nous apparaît d’une grande injustice. » Les ennuis commencent L’année de formation à l’IUFM pendant l’année 2006-2007 de Barbara Bréart se déroule sans aucun souci. Ses écrits professionnels (modules d’enseignement et mémoire) sont validés. Deux d’entre eux sont jugés très satisfaisants. Ses ennuis commencent le 6 juin 2007, où, lors de la réunion de validation de son stage en responsabilité, Madame Myriam Pagnier, conseillère pédagogique de la circonscription d’Amiens 4, fait état d’un courrier de parents de la classe de CM2 de l’Ecole Saint Roch A à l’Inspection, classe où Barbara Bréart est en stage filé. Elle lui apprend également que la directrice de l’Ecole, Isabelle Briet, a également fait un rapport, sur le climat dans la classe et sa façon de faire classe. A ces motifs, le stage n’est pas validé. Une visite complémentaire est donc organisée. Les formateurs de l’IUFM assurent Barbara Bréart que ce ne sera qu’une pure formalité. Le directeur de l’Ecole annexe de l’IUFM annonce à Barbara Bréart que la visite aura lieu le mardi 12 juin et rassure également la stagiaire en lui confirmant le caractère purement formel de la visite, qu’elle sera jugée sur la tenue de la classe. C’est dans cette optique que Barbara Bréart prépare cette visite, comme lui recommande également le directeur de l’Ecole annexe. La visite du 12 juin ne se déroule du tout comme prévue. Lors de l’entretien qui suit, les formateurs interrogent la stagiaire sur la séance, lui précisant clairement qu’il fallait qu’elle mette de côté le fait que la classe soit difficile et qu’elle s’attache à répondre aux questions sur sa pédagogie présentée. Les formateurs écrivent dans leur rapport : « Dans un contexte difficile, des difficultés à mettre en œuvre une pédagogie qui donne du sens et mobilise les élèves ». Le stage n’est pas validé. Le jury académique, lors de sa 1ère réunion désigne Mme Billiet, inspectrice de la circonscription, pour une contre inspection. L’inspection Celle-ci aura lieu dans un contexte complètement défavorable à Barbara Bréart. Elle est prévue le mardi 29 juin au moment où les enfants de la classe sont normalement pris en charge en EPS par un intervenant. Les élèves de la classe de CM2 constatent donc que cette séance (la dernière de l’année) est supprimée (l’administration avait pourtant téléphoné pour se renseigner sur les activités de la classe, elle connaissait l’existence de ce créneau d’EPS, elle avait même inscrit que la visite ne devait avoir pas lieu à ce moment là). Des parents d’élèves viennent aussi voir la stagiaire à propos d’une altercation survenue entre des élèves de la classe la veille pendant la récréation. Le désaccord entre les élèves, ravivé par la venue des parents, ajoutera à la mauvaise ambiance pendant ce début de matinée, le premier quart d’heure de classe est ainsi consacré à régler ces deux problèmes avant de commencer la leçon d’histoire prévue. Un élève particulièrement perturbateur a même dû être exclu et pris en charge par la directrice de l’école. N’importe quel enseignant, dans les mêmes conditions, aurait connu des difficultés à faire classe. L’inspectrice ne tiendra aucunement compte de ce contexte particulier dans son rapport. Elle conclut, au contraire que Barbara Bréart « se révèle incapable d’assurer la sécurité des enfants au sein de la classe. » Elle avait pourtant connaissance de tous les éléments de ce contexte. Encore des soutiens Treize stagiaires du groupe de Barbara Bréart ont aussi spontanément adressé un courrier au Recteur quand ils ont appris que leur collègue avait été licenciée. Voici ce qu’ils écrivent : « Nous tenons à apporter notre soutien à Barbara Bréart. En effet, nous l’avons côtoyée tout au long de l’année durant notre formation professionnelle au sein de l’IUFM d’Amiens. Barbara a fait preuve d’un investissement total et constant, |
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La défense syndicale des licenciements à l’IUFM n’est pas reconnue par l’administration de l’Education Nationale. Notre syndicat a bien entendu demandé une entrevue au Recteur qui signe les arrêtés de licenciement, de renouvellement et de titularisation des professeurs des écoles stagiaires. Celui-ci a répondu à notre demande d’audience en ces termes : « En la circonstance, il ne m’appartient pas de m’instituer, en instance d’appel et de remettre en cause les décisions du jury académique dont je me porte au contraire garant de la pleine et entière souveraineté. Aussi, si je peux comprendre votre préoccupation, je ne partage pas le sens de votre démarche. » Notre syndicat ne renoncera pas, pour autant, à défendre les PE stagiaires injustement licenciés, nous aiderons ces collègues à rédiger les recours gracieux auprès du Recteur et nous informerons largement la profession sur les dérives des conditions de formation des professeurs des écoles stagiaires à l’IUFM et au cours des stages, notamment pendant les stages filés. Notre syndicat a également rencontré le Préfet et l’a informé des conditions de licenciement de ces trois stagiaires et du refus du Recteur de recevoir une délégation syndicale sur ces problèmes. Le représentant de l’Etat dans le département a indiqué qu’il rendrait compte de notre démarche et qu’il transmettrait la demande de l’Union départementale FO et du SNUDI au Recteur de l’Académie. Des enseignants et des stagiaires ont déjà adressé au Recteur des pétitions ou des courriers exprimant leur sentiment d’injustice par rapport à ces licenciements ou leur opposition à ces décisions. La multiplication de telles prises de position peut contraindre le recteur à se pencher plus en détail sur ce problème.
Alors, si ces licenciements qui relèvent de l’arbitraire vous révoltent vous aussi, n’hésitez pas, avec vos collègues dans les écoles, à manifester par écrit au recteur votre soutien à ces stagiaires injustement sanctionnés ! |
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Quelques précisions d’ordre juridique et réglementaire. Des âmes bien intentionnées avancent qu’il y aurait « un vice de forme » dans le licenciement des PE stagiaires quand l’inspection ordonnée par le jury académique durant sa première réunion est effectuée par l’Inspecteur de la circonscription où le stagiaire effectue son stage. L’article 5 de l’arrêté du 2 octobre 1991 précise simplement que « le président du jury désigne l’un de ses membres pour procéder à une inspection, devant une classe ». Cet argument ne tiendrait donc pas devant la juridiction administrative. Par contre, le problème de la « souveraineté du jury » est posé parce que celui-ci examine les dossiers des stagiaires à partir d’éléments fournis par des personnes qui sont à la fois juges et parties dans la formation. Les règles d’anonymat qui existent dans les concours de la fonction publique ou dans les examens ne sont pas établies à l’IUFM. |